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Le Lundi, c'est poésie ! - 2017 - 02 Janvier - Imrou'L-Qays - Sur le sable, l'empreinte de nos corps

 

 

POESIE ARABE

 

Traduit par René R. Khawam

 

MROU'L-QUAYS (mort vers 540)

 

Chassé par don père Houdjr, roi de Kinda, qui désapprouvait sa passion pour une fille des Banou-Odhra, la tribu où l'amour courtois était à l'honneur, le prince-poète erra de campement en campement à travers l'Asie Mineure. Il connût de nombreux succès d'amour, même à Constantinople où Justinien le reçût avec pompe et libéralité. Lorsque son père mourut en combattant le révolte des Banou-Asad, dans l'Arabie centrale, Imrou'l-Quays se mit en mesure de le venger. Il n'en continua pas moins à composer des poèmes - avant de mourir empoisonné. On lui attribue les règles fixes auxquelles furent soumises après lui la poésie arabe.

Il donna le modèle du poème appelé qasîda, dans lequel l'éloge de la tribu et le récit des exploits guerriers s'allient à un sentiment aigu de la rapidité de l'existence et de la vanité des liens dont s'embarrasse le coeur de l'homme.

Le plus célèbre de ces qasîda est classé parmi les "pendentifs" (les Mou'allaqât). Regard perspicace sur la réalité quotidienne, souffle épique, densité de l'expression, tout concourt à faire du "prince errant" un initiateur et un modèle.

 

 

Sur le sable, l'empreinte de nos corps

 

Arrêtons-nous et pleurons au souvenir de l'aimée.

Maison près du banc de sable entre Dakhoul et Harmal,

 

Toudiha et Miqrat, les vents du Nord et du Midi,

leur étoffe ont tissé mais n'ont point effacé sa trace

 

Mes compagnons près de moi ont arrêté leurs montures

disant: " Maîtrise-toi et fuis cette affliction mortelle"

 

Ma guérison, amis, c'est de laisser couler mes larmes

mais doit-on s'affliger d'une trace effacée?

 

N'as-tu pas courtisé Oumm-al-Houwayrith avant elle,

et puis encore la belle Oumm-al-Rabab à Ma'sal?

 

Quand elles se levaient, des effluves de muse partout

se répandaient, parfum d'oeillet porté par le zéphyr.

 

En les quittant, d'abondantes larmes avaient coulé

jusqu'à ma gorge et mon ceinturon en était mouillé.

 

Oui, plus d'un jour parfait d'elles tu as pu obtenir,

et surtout, parmi ces jours, celui de Darah-Djouldjoul.

 

Et cet autre, où j'ai tué mon cheval pour les pucelles,

quelle surprise de les voir toutes décamper sous leur charge!

 

L'une à l'autre, les morceaux elles s'étaient arraché:

la viande, puis la graisse aux bords frangés comme la soie.

 

Je suis entré un jour dans le palanquin d'Ounayza...

"Malheur! Tu vas me forcer d'aller à pied, me dit-elle"

 

et entre-temps le palanquin ployait avec nous deux...

et puis: "Descends, Imrou'l-Qays, tu fatigues ma bête."

 

Et moi de lui répondre: "Va, laisse filer sa longe,

ne m'éloigne pas, de grâce, de ton fruit qui distrait...

 

J'ai visité des femmes comme toi, et même enceintes,

qui ont laissé leur nourrisson entouré d'amulettes...

 

S'il pleurait, de moitié se tournait vers lui, et mon soc

les pourfendait tranquillement, sans être détourné."

 

L'une un jour se refusa sur la colline de sable,

s'obligea de rompre, par un serment indissoluble.

 

Doucement, ô Fatima, après ta coquetterie,

modère-toi, même si la rupture est décidée.

 

Cela t'a-t-il séduite de voir ton amour me tuer

de constater que mon coeur t'obéit sans murmurer?

 

Si quelque créature t'a poussé à ma haïr

sépare nos habits: tu verras qu'unique en est la trame.

 

Tes beaux yeux n'ont pleuré qu'afin de mieux lancer les traits

qui ont blessé à mort un coeur déchiré de douleur.

 

Au coeur même d'une alcôve imperméable au désir,

avec ma belle à loisir j'ai savouré mon bonheur.

 

J'avais passé à travers une troupe de gardiens,

qui me guettaient, me préparant à une mort infamante ;

 

Lorsque dans le ciel la Pléïade s'est déployée,

comme un assortiment de perles sur une ceinture,

 

je suis entré, alors qu'elle avait pour dormir ôté

près du rideau ses habits, sauf la tunique légère.

 

"Non ! Par Dieu ! Ta ruse n'a pas de cours ici, dit-elle,

je vois que tes séductions sont loin de disparaître."

 

Je l'emmène aussitôt, lui ouvrant le chemin, mais elle,

traînant un manteau d'homme à terre, effaçait nos deux traces.

 

Lorsque nous eûmes traversé la place du village

et atteint le fond d'un vallon encerclé de dunes,

 

de mes mains sur ses tempes je l'incline, Elle se ploie

sur moi, taille mince et jambe prospère, ornée d'anneaux.

 

Svelte et blanche, elle n'offrait aucune ample solitude ;

sa poitrine était lisse et polie ainsi qu'un miroir.

 

Reflets de refus ou désirs sur un visage lisse,

oeil complaisant d'un fauve de Wadjrah sur son petit,

 

un cou aussi beau que celui de la gazelle blanche,

délicat, lorsqu'il se dresse, et sans aucun ornement ;

 

la chevelure abondante et très noire, ornant le dos,

riche ainsi qu'un rameau de palmier chargé de fruits ;

 

et ses boucles rebelles se relèvent indomptées,

noyant les rubans dans un flot d'ondes enchevêtrées ;

 

des flancs délicats, souples comme une corde tressée ;

la jambe, un cep soutenu dans une terre irriguée ;

 

et des miettes de muse dessus sa couche éparpillées,

elle dort, le soleil haut, en tenue négligée.

 

Elle prend, elle reçoit avec de tendres mains souples,

vrilles des vignes de Zabyi ou cure-dents d'Ishil ;

 

à l'entrée de la nuit elle dissipe les ténèbres,

tel le feu, la nuit, d'un moine voué au célibat.

 

L'homme doux s'éprend avec ardeur des femmes comme elle,

ayant ainsi grandi entre cuirasse et bouclier.

 

Pucelle dont l'or jaune fait ressortir la blancheur,

qu'a fait fructifier une eau abondante et salutaire...

 

les insensés parmi les hommes se sont consolés

de leur amour, mais le mien, mon coeur ne peut l'oublier.

 

 

 

 

 


Date de création : 07/01/2017 @ 13:02
Dernière modification : 07/01/2017 @ 14:10
Catégorie : Le Lundi, c'est poésie ! - 2017
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Texte à méditer :   'Seule la rose est assez fragile pour exprimer l'éternité'   Paul Claudel
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