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Le lundi, c'est poésie - 2016 - 23 Mai-Arthur Rimbaud-Le bateau ivre

ARTHUR RIMBAUD  (1854 - 1891)

 

Sagement commencée par l'imitation des Romantiques et des Parnassiens, l'oeuvre poétique du poète prodige de fait vite l'écho de sa révolte intérieure. La composition du "bateau ivre"  (1871) marque l'émergence de cette écriture nouvelle dont une lettre-programme dite du "voyant" (à Paul Demeny, 15 mai 1871) avait annoncé l'originalité:

"Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens." En quittant Charleville pour Paris, dans les derniers jours de septembre 1871, Rimbaud emportait cet étrange poème, nourri de souvenirs de lectures (Hugo, Baudelaire, Jules Verne, Edgar Poe), pour l'offrir à Verlaine qui lui avait écrit: "Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend."

Des 25 quatrains qui le composent, voici les huit premiers et les trois derniers.

Selon le célèbre formule, "Je" est "un Autre": ici le bateau lui-même emporté dans l'expérience d'un voyage onirique.

 

 

Le bateau ivre

 

Comme je descendais des fleuves impassibles,

Je ne me sentis plus guidé par les haleurs:

Des peaux-rouges criards les avaient pris pour cible,

Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

 

J'étais insoucieux de tous les équipages,

Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.

Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,

Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

 

Dans les clapotements furieux des marées,

Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants

Je courus! Et les Péninsules démarrées

N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

 

La tempêtes a béni mes éveils maritimes.

Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots

qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,

Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots!

 

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,

L'eau verte pénétra ma coque de sapin

Et les taches de vins bleus et des vomissures

Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

 

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème

De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,

Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême

Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

 

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires

Et rythmes lents sous les rutilements du jour,

plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,

Fermentent les rousseurs amères de l'amour!

 

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes

Et les ressacs et les coutants: je sais le soir,

L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,

Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir!

 

[...]

 

Mais, vrai, j'ai trop pleuré! Les Aubes sont navrantes,

Toute lune est atroce et tout soleil amer:

L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.

Ô que ma quille éclate! Ô que j'aille à la mer!

 

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache

Noire et froide où vers le crépuscule embaumé

Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche

Un bateau frêle comme un papillon de mai.

 

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,

Enveler leur sillage aux porteurs de cotons,

Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,

Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

 

                                                                                         Poésies

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Date de création : 08/06/2016 @ 17:28
Dernière modification : 08/06/2016 @ 17:28
Catégorie : Le lundi, c'est poésie - 2016
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Texte à méditer :   'Lorsque je me mets à écrire, l'encrier s'emplit de vers, ma plume de rêves et le papier blanc d'idées'   Fernando Arrabal
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